IL FAUT CESSER DE FINASSER.  

Chronique de l’Association des Contribuables.   29 avril 2004. 

LES FAITS : 

Dans l’éditorial de la « lettre des cercles libéraux », M. Alain MADELIN  propose : 

1°) d’adopter le langage de la vérité, en disant aux Français « sans détour, l’état calamiteux de nos finances publiques », de le faire avec pédagogie afin de convaincre ;

2°) de prévoir dès 2005 un gel des dépenses publiques et de programmer une baisse des dépenses de 1% du PIB  par an ;

3°) de procéder à une réforme globale de la fiscalité. Il ne s’agirait plus de « baisser au petit bonheur tel impôt », car « nous ne trouverons pas le chemin de la croissance de demain avec la fiscalité d’hier »;

4°) de supprimer les 418 niches fiscales et les 50 milliards d’impôts qu’elles représentent, au profit de 2 ou 3 types d’exonération fiscale visant à encourager l’investissement à risque, de ramener le barème de l’impôt sur le revenu à 3 tranches dont la première serait la CGS, obligatoirement payée par tous les Français, de limiter le taux marginal à 33 %.  

LES COMMENTAIRES : 

1°) En effet, il est temps de cesser de ruser, il est temps de dire la vérité, de faire ce que l’on estime devoir faire, et de partir si l’on n’a pas su ou pu convaincre. Mais il ne s’agit pas seulement de convaincre nos concitoyens, il faut d’abord que nos gouvernants soient habités de leur mission et non du désir d’assurer leur réélection. Ainsi deux mandats présidentiels consécutifs seraient suffisants. 

2°) En raison de « l’état calamiteux de nos finances publiques », il est temps de gérer le pays en bon père de famille, c’est-à-dire de garder pour des temps meilleurs nos dépenses de prestige (politique étrangère, représentation pléthorique, soutien financier à d’autres nations), d’apparat (réceptions et grandes messes) – mais au fait sont-elles indispensables ? -, de cesser d’accorder sans discernement des concours financiers ( Forum social européen), de traquer toute dépense inutile. Peut-être que la confiance sera alors au rendez-vous. 

3°) M. MADELIN  oublie le poids des impôts locaux. Or, une régionalisation trop poussée risque d’aggraver le poids de ces impôts, en augmentant le nombre de marquis avec châteaux, carrosses, train de cour et ambassades. Nous avons déjà diffusé sur ce sujet les « tares » des actuels conseils régionaux, dont celui de la PACA. 

4°) Ces dépenses excessives ont été également relevées par « l’Association contre la Corruption » qui note par ailleurs que des réformes récentes ont limité les actions des Chambres Régionales des Comptes en leur imposant le silence 3 mois francs avant les consultations électorales. De la sorte, nous n’avons pas connu, en temps utile, les observations que la Chambre « tenait au frais » depuis plusieurs mois. Il nous paraît indispensable de revenir sur cette disposition d’autant que les observations de la Chambre ne sont définitives qu’après la réponse des « mis en cause » et surtout, que la réponse de ces derniers est désormais obligatoirement jointe au rapport publié. L’équilibre est donc respecté.   

Notre association sait, par expérience, l’utilité des contrôles de la Chambre Régionale des Comptes de la PACA puisqu’elle a été la seule à obtenir l’arrêt des errements de la ville et de l’hôpital d’Aubagne, et de la gabegie engendrée par un soutien illicite apporté à une entreprise privée.