Un budget pour Garlaban Huveaune Sainte Baume.

La Provence du samedi 22 mars 2003. Carole Barletta.

"Contexte général" oblige, le président de la communauté d'agglomération a proposé aux voix un budget  traduisant de la lucidité mais aussi une "gestion rigoureuse et néanmoins dynamique".

- Le président de la communauté d’agglomération Garlaban Huveaune Sainte-Baume (*) Alain Belviso présentait jeudi soir le budget après une bonne demi-heure de retard, faute de pouvoir réunir le quorum -- de nombreux élus étaient partis manifester contre la guerre en Irak sur le cours Foch aubagnais, d’autres - de plus en plus nombreux --, n’ayant pas jugé bon de venir à ce conseil consacré au budget.

Un budget qui "traduit l’engagement d ‘une communauté de projets dans un exercice de transition et de projection au sein d’un nouveau territoire en construction” (NDLR: référence à l’intégration de Gardanne et des villes de l’intercommunalité de l’Étoile). “Budget, rappelle Alain Belviso, à situer dans un contexte général de récession économique et sociale, avec un taux de croissance en chute libre, une nouvelle envolée du chômage.” Si bien qu’il traduit une certaine “lucidité” mais aussi une “gestion rigoureuse et néanmoins dynamique”.

Une hausse de 47 % des Investissements

Après une parenthèse sur la volonté de créer une conférence budgétaire, il entrait dans le détail : les dépenses d’investissement s’élèvent à 14,8 millions d'euros (hausse de 47,33 %), de fonctionnement à 45,3 M£ (+ 1,94 %). “La part de l’auto financement progresse de 70,42 %, témoignant notre volonté de maintenir le cap sur une gestion saine.

“La renégociation  des emprunts obligataires est inscrite à hauteur de 5,2 M€ et nous emprunterons cette année 2,9M£.” Et d’expliquer qu’il s’agit d’un investissement exceptionnel dû à l’acquisition de nouveaux locaux (2 M£), et que ce montant est inférieur à celui emprunté en 2000 et 2001.

Main Belviso détaillait les dépenses liées à l’investissement : achat de bennes et de conteneurs, travaux d’enfouissement de réseaux, programme annuel des forêts, déchetterie d’Auriol, bassin de rétention des Paluds, réhabilitation de la pépinière Pôle Performance, travaux à la maison natale Marcel Pagnol, mise en sécurité du centre de Congrès Agora.

Autant de projets grandioses pour l’intercommunalité qui feront l’objet, au cours de la suite de ce conseil, de demandes de subventions “au taux le plus fort” auprès du Conseil général et régional, comme le précisait M. Belviso lui-même.

Les frais de personnel, eux, augmentent de 3,79 % (4,2 M£), les dépenses de transport de 3,65 % (2,6 M£).

Dans la part du budget de fonctionnement, citons la reconduction des crédits liés à l’Opération programmée d’amélioration de l’habitat, la résorption de l’habitat insalubre à Roquevaire, l’entretien et réparation des voies et forêts, la poursuite des projets d’insertion et d’aides à l’emploi.

Hausse de la taxe professionnelle et des ordures ménagères

Soulignant que ‘l’ensemble de ces actions ne permettra pas cette année de reconduire la dotation de solidarité” dont bénéficiait jusqu’alors chaque commune membre, fustigeant la baisse (6,5 %) de la dotation globale de fonctionnement, Alain Belviso justifiait ainsi la hausse du taux de la taxe professionnelle à 25,57 % (“comme 95 %“ des structures intercommunales annonçait le conseiller municipal aubagnais).

Enfin, concernant la taxe d’enlèvement des ordures ménagères, “un nécessaire réajustement s’impose”. Elle s’élève désormais à 3,6 M£.

Il s’en suivait (voir ci-dessous) Les habituels débats. Le budget était adopté malgré 5 abstentions (les élus de Roquevaire) et 2 voix contre (les élus de l’opposition aubagnaise).

•(*) GHB regroupe les villes d’Aubagne, Auriol, Saint-Zacharie, La Penne-sur-Huveaune, Cuges-les-Pins, et Roquevaire.

Réticences de Roquevaire, quid de la chasse aux subventions pour l’opposition

- André Niel, maire de Roquevaire, expliquait les raisons de son abstention - nullement due, précisait-il, à la suppression de la dotation de solidarité: "Nous apprécions votre souci de développer la communauté dans ses champs de compétence, les efforts faits sur Roquevaire pour nous aider dans le logement social. Mais le taux d’enlèvement des ordures ménagères pénalise les ménages, celui de la taxe professionnelle pénalise les entreprises, particulièrement, dans nos communes, les PME et artisans. Attention à ce que l’impôt ne tue pas l’impôt”.

Bernard Vert; élu également roquevairois ajoutait: “La marge reversée à l'investissement devrait servir au remboursement de la dette. Ce n’est pas le cas. La situation s’aggrave.” Et de demander des éclaircissements sur l’état du personnel: “Certains postes ne me semblent pas concerner les compétences de GHB.

Dans les rangs de l'opposition aubagnaise, Sylvia Barthélemy enfonce le clou de la dette: "Dans la réalité vous pratiquez un désendetternent de 1,8 M et vous contractez 2,9 M£ de nouveaux emprunts. Il faut être vigilant si nous ne voulons pas nous retrouver dans la même situation qu’Aubagne.”

“Les Investissements sont multipliés par deux. C’est bien. Mais ils dépendront des subventions que vous sollicitez”

Répondant aux attaques de Mme Barthélemy sur les taux de la taxe professionnelle et d’enlèvement des ordures ménagères, Alain Belviso sur ce dernier point précisait: “La hausse ne se traduira pour les ménages que de 3 à 5 points.”